La raison du plus fortLa raison du plus fort
Disons-le d’emblée, si un homme et une femme se disputent, « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Cette réalité explique les inégalités dénoncées par 500’000 manifestants-tes – suisses le 14 juin. Jean Delafontaine évoquait le droit. J’évoque ici la brutalité. Nous sommes au 21ème siècle et les statistiques sont effrayantes. Selon le ministre français de l’intérieur, une femme décède sous les coups de son partenaire tous les trois jours. Dans le monde en 2017, il y a eu 87’000 homicides de femmes. 54% par des proches et 34% par leur partenaire. Cette supériorité musculaire explique que depuis toujours ce sont les hommes qui ont rédigé les lois, organisé les sociétés et « transcrit les ordres des dieux » lorsqu’il a fallu justifier ce qu’il était difficile de justifier autrement.
Comme j’ai proposé la lecture du livre d’Olivia Galadé : « Le mythe de la virilité », je me fais un plaisir de signaler le dernier livre du juge fédéral en retraite Raymond Spira, : « Le chef de la femme » aux éditions Stämpfli à Berne. En juriste de haut niveau, Raymond Spira remonte jusqu’au code d’Hammourabi, le roi de Babylone mort en 1750 avant Jésus-Christ. Il relève les articles de loi, les jurisprudences et les commandements de Dieu ainsi que les commentaires de ceux qui avaient à les faire appliquer. Il consacre de longues pages à l’ancien et au nouveau testament ainsi qu’au Coran. Il termine son étude par des références aux dispositions retenues par les diverses déclarations des droits de l’homme et par la Convention d’Istanbul qui vise à diminuer la violence à l’égard des femmes.
Les sentences qui ont si fortement imprégné la culture judéo-chrétienne commencent par la Genèse. Elle explique que l’homme a été créé à l’image de Dieu et que ce dernier lui a donné une compagne car il n’était pas bon qu’il reste seul. Il y a ensuite les prescriptions divines révélées à Moïse. Elles constituent le fondement du droit hébraïque. Leur autorité découle du fait qu’elles sont divines, universelles et éternelles. Attention, on est précis. Dieu les a dictées il y a 3329 ans. Les juifs ont tiré de la Torah 248 commandements positifs, des devoirs, et 365 commandements négatifs, des interdictions. Raymond Spira se réfère ici à trois auteurs et ajoute que les femmes sont exemptées des commandements qui doivent être observés à des moments précis « pour leur accorder de la flexibilité dans l’exécution des tâches ménagères ».
Habitué des cultes du dimanche matin, je n’ai plus entendu, depuis longtemps, les nombreux passages cités par Raymond Spira, tirés de la Genèse, du Deutéronome, d’Isaïe, des Proverbes, de Job, de l’Exode, etc. Dans la lettre aux Éphésiens, 5, 21 à 24, Paul rappelle : « Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ. Que les femmes le soient à leur mari comme au Seigneur : En effet, le mari est le chef de la femme comme le Christ est chef de l’Eglise ». Le titre du livre était tout trouvé ! Dans la lettre à Timothée, 2 ,11 à 15 Paul précise : » Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle garde le silence. C’est Adam en effet qui fut formé le premier. Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression ». N’en jetez plus. Il me semble que l’église catholique est plus fidèle à St Paul qu’au Christ qui a dit à la femme adultère dans Jean 8, 3 à 11 : « Moi non plus je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus ».
Pierre Aguet, le 15 juillet 2019 3646 car.
Disons-le d’emblée, si un homme et une femme se disputent, « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Cette réalité explique les inégalités dénoncées par 500’000 manifestants-tes – suisses le 14 juin. Jean Delafontaine évoquait le droit. J’évoque ici la brutalité. Nous sommes au 21ème siècle et les statistiques sont effrayantes. Selon le ministre français de l’intérieur, une femme décède sous les coups de son partenaire tous les trois jours. Dans le monde en 2017, il y a eu 87’000 homicides de femmes. 54% par des proches et 34% par leur partenaire. Cette supériorité musculaire explique que depuis toujours ce sont les hommes qui ont rédigé les lois, organisé les sociétés et « transcrit les ordres des dieux » lorsqu’il a fallu justifier ce qu’il était difficile de justifier autrement.
Comme j’ai proposé la lecture du livre d’Olivia Galadé : « Le mythe de la virilité », je me fais un plaisir de signaler le dernier livre du juge fédéral en retraite Raymond Spira, : « Le chef de la femme » aux éditions Stämpfli à Berne. En juriste de haut niveau, Raymond Spira remonte jusqu’au code d’Hammourabi, le roi de Babylone mort en 1750 avant Jésus-Christ. Il relève les articles de loi, les jurisprudences et les commandements de Dieu ainsi que les commentaires de ceux qui avaient à les faire appliquer. Il consacre de longues pages à l’ancien et au nouveau testament ainsi qu’au Coran. Il termine son étude par des références aux dispositions retenues par les diverses déclarations des droits de l’homme et par la Convention d’Istanbul qui vise à diminuer la violence à l’égard des femmes.
Les sentences qui ont si fortement imprégné la culture judéo-chrétienne commencent par la Genèse. Elle explique que l’homme a été créé à l’image de Dieu et que ce dernier lui a donné une compagne car il n’était pas bon qu’il reste seul. Il y a ensuite les prescriptions divines révélées à Moïse. Elles constituent le fondement du droit hébraïque. Leur autorité découle du fait qu’elles sont divines, universelles et éternelles. Attention, on est précis. Dieu les a dictées il y a 3329 ans. Les juifs ont tiré de la Torah 248 commandements positifs, des devoirs, et 365 commandements négatifs, des interdictions. Raymond Spira se réfère ici à trois auteurs et ajoute que les femmes sont exemptées des commandements qui doivent être observés à des moments précis « pour leur accorder de la flexibilité dans l’exécution des tâches ménagères ».
Habitué des cultes du dimanche matin, je n’ai plus entendu, depuis longtemps, les nombreux passages cités par Raymond Spira, tirés de la Genèse, du Deutéronome, d’Isaïe, des Proverbes, de Job, de l’Exode, etc. Dans la lettre aux Éphésiens, 5, 21 à 24, Paul rappelle : « Soyez soumis les uns aux autres dans la crainte du Christ. Que les femmes le soient à leur mari comme au Seigneur : En effet, le mari est le chef de la femme comme le Christ est chef de l’Eglise ». Le titre du livre était tout trouvé ! Dans la lettre à Timothée, 2 ,11 à 15 Paul précise : » Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence en toute soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle garde le silence. C’est Adam en effet qui fut formé le premier. Eve ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression ». N’en jetez plus. Il me semble que l’église catholique est plus fidèle à St Paul qu’au Christ qui a dit à la femme adultère dans Jean 8, 3 à 11 : « Moi non plus je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus ».
Pierre Aguet, le 15 juillet 2019 3646 car.
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